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June 2026

Un regard vers l'extérieur et un regard vers l'intérieur

Dans ses paroles sur la paille dans l'œil de l'autre et la poutre dans notre propre œil (Mt 7, 3-5), Jésus met à jour une réalité douloureuse liée à une tendance humaine : notre regard perçant vers l'extérieur et notre angle mort vers l'intérieur.
Et Jésus nous demande un changement radical, une métanoïa. Car lorsque nous sommes irrités par un certain comportement chez autrui, cette irritation nous tend souvent un miroir. En effet, notre irritation face à la paille dans l’œil d’autrui renvoie souvent à une poutre dans notre propre œil que nous n’avons pas encore reconnue. Que nous n’avons littéralement pas encore osé regarder en face. Notre agacement face à la paille chez l’autre est une distraction qui nous empêche de nous convertir.
Pour prendre un tout autre exemple : si, en tant que dirigeant, tu rencontres des problèmes dans ton propre pays, tu dois déclencher une guerre contre un autre pays. Ainsi, tout le monde se concentre sur les erreurs de ce peuple-là et ne porte plus un regard critique sur ses propres erreurs.
 
Jésus appelle à un processus de conversion lorsqu’il dit : « Enlève d’abord la poutre de ton œil. »
Notre croissance spirituelle commence donc par la reconnaissance de notre fragilité humaine. Et par le fait d’y jeter ensuite un regard de compassion. C’est alors que nous pouvons aider l’autre avec un regard d’amour.

Eugène

Corbeaux apportent du pain

À l'époque du prophète Élie et du roi Achab, Dieu annonce une longue sécheresse. Le prophète reçoit l'ordre de se retirer près d'un torrent ; là, il pourra boire et des corbeaux lui apporteront du pain (1 Rois 17, 1-6).
 
Selon les Juifs, les corbeaux sont des animaux impurs, et ce sont précisément ces animaux qui apportent du pain. Ainsi, ce qui est inapproprié selon les critères humains devient un instrument de grâce. Ils deviennent porteurs de vie dans un pays qui se dessèche. Même ce que les hommes rejettent peut être utilisé par Dieu pour apporter son salut au monde. Cet événement peut nous donner un autre regard sur les personnes que nous avons parfois tendance à mépriser.
 
L’eau qui coule et les pains apportés par les corbeaux symbolisent les sacrements du baptême et de l’Eucharistie. Deux sources de la vie chrétienne.
Le pain qu’Élie reçoit n’est pas seulement une nourriture matérielle, mais un signe de la proximité de Dieu. Car ce n’est pas son don prophétique, ni son feu qui le maintiennent en vie, mais Dieu lui-même. Ainsi, le pain quotidien devient porteur de vie divine.
Tout comme la manne dans le désert. Cette manne nourrit le peuple juif, mais elle est aussi un signe de la sollicitude constante de Dieu à son égard.
Et tout comme dans la prière ‘Notre Père’.
On attend d’Élie une attitude de réceptivité, tout comme de nous lors de l’Eucharistie. C'est les mains ouvertes que nous recevons le pain de vie.

Eugène